
Grigny, la fabrique de la banlieue
Description
Grigny est aujourd’hui l’un des symboles des fractures françaises. Pauvreté, enclavement, habitat dégradé, violences : depuis des décennies, la ville est racontée à travers les symptômes de la crise des banlieues. Grigny, la fabrique de la banlieue choisit de renverser le regard. Plutôt que de demander ce qui ne va pas à Grigny, le film pose une autre question : comment en est-on arrivé là ?
Car rien n’était écrit.
À la fin des années 1960, Grigny devait incarner une certaine idée du progrès. Aux portes de Paris, une petite commune de quelques milliers d’habitants devient en quelques années le laboratoire d’une politique urbaine à grande échelle. La Grande Borne, imaginée par l’architecte Émile Aillaud, veut rompre avec la monotonie des grands ensembles. À quelques kilomètres, Grigny 2 promet aux classes moyennes une accession moderne et abordable à la propriété.
Un demi-siècle plus tard, ces deux quartiers sont devenus emblématiques des difficultés des périphéries françaises.
En remontant aux origines de Grigny et en suivant jusqu’à aujourd’hui les conséquences des décisions prises depuis les années 1960, Pierre Puchot reconstitue une mécanique politique, économique et urbaine rarement racontée.
Le film fait dialoguer habitants, responsables politiques, architectes, bailleurs, représentants de l’État et acteurs de la rénovation urbaine. Il montre comment les politiques du logement, l’urgence de construire, les intérêts des promoteurs, les choix d’aménagement et les désengagements successifs ont progressivement produit ce que l’on désigne aujourd’hui sous le terme générique de banlieue.





